Des chameaux aux cobangs

Jeanne Willoz-Egnor

Une remarquable enquête menée par le Mariners’ Museum and Park d’Hampton Roads sur l’un des objets de sa collection nous emmène du Levant au Japon, sur les traces d’un jeune officier de la marine américaine dans les années 1850. Cet article a été publié initialement sur le site du Mariners’ Museum and Park le 9 janvier 2019 par Jeanne Willoz-Egnor, conservatrice en charge de l’histoire et de la culture, qui nous autorise aimablement à en livrer cette traduction :

Cet article a commencé de manière plutôt anodine, lorsqu’un catalogue de vente aux enchères Art of Time de Bonham a été publié. L’un des nombreux aspects du travail de conservateur au Mariner’s Museum consiste à estimer la valeur des objets dans nos collections. Je consulte donc régulièrement les catalogues de vente présentant des objets similaires aux nôtres. Dans ce catalogue, j’ai notamment remarqué une horloge pilier japonaise, appelée Shaku Dokei. En mettant à jour les informations de l’horloge en notre possession, j’ai remarqué un nom sur la boîte dans laquelle elle est stockée : « C. E. Thorburn, USN ». Chaque fois que je tombe sur un nom en particulier, j’essaie immédiatement de découvrir l’histoire du propriétaire d’origine.

Horloge pilier japonaise ou « Shaku Dokei », vers 1859. Corps en bois japonais traditionnel Shitan, mécanisme en laiton.  Mariners’ Museum and Park, numéro d’acquisition 1934.0031.000009/NA 47.

La première étape a été la consultation de Fold3, un site de recherche généalogique documentant spécifiquement les carrières de militaires anglo-saxons. C’est un excellent site, mais malheureusement délicat à utiliser car son moteur de recherche est très complexe. J’ai toutefois obtenu de nombreux résultats pour le nom de Thorburn. J’ai notamment repéré un aspirant Thorburn affecté sur l’USS Susquehanna en 1851-1852, ce qui est vraiment excitant puisqu’à ce moment-là le navire se trouvait dans le Pacifique, se préparant à se rendre au Japon avec le commodore Matthew C. Perry pour négocier le Traité qui ouvrirait le commerce avec l’Amérique. Le nom mentionné était toutefois « E. C. Thorburn », et je n’étais donc pas certaine qu’il s’agisse de la même personne.

Je continuai avec la consultation du « Register of the Commissioned and Warrant Officiers of the United States Navy and Marine Corps ». Cette source est à prendre avec précaution car elle ne fournit presque jamais un enregistrement correct ou complet des mouvements d’un officier au sein de l’US Navy. Cela m’a cependant permis d’identifier Charles Edmondston Thorburn. Après de nouvelles recherches fastidieuses sur Fold3, j’eus suffisamment de données pour retracer ses mouvements d’un navire à un autre. Pour finir sur un document de 1856 qui portait la signature de Thorburn, correspondant parfaitement à l’écriture manuscrite sur notre boîte. Bien qu’il s’agisse de l’une des recherches généalogiques les plus difficiles et les plus longues qu’il m’ait été donné d’entreprendre, cela en valait vraiment la peine !

Charles Edmondston Thorburn (1831-1909) est né en Virginie, et est entré à l’Acadamie navale des Etats-Unis le 9 septembre 1847. Sa première croisière eut lieu à bord de la frégate USS Cumberland en juillet 1848, alors que le navire était affecté au Home Squadron. En novembre 1850, il fut brièvement détaché sur la frégate St. Lawrence qui était stationnée en Méditerranée.

Frégate américaine USS Cumberland, navire amiral du Gulf Squadron. Lithographie Nathaniel Currier, 1934. Mariners’ Museum and Park, numéro d’acquisition 1935.0832.000001/LP 766.

Thorburn passa quelques mois de plus à l’Académie navale, puis fut affecté à bord du sloop USS Jamestown en mars 1851. Au mois de mai, il demanda à être détaché sur l’USS Susquehanna afin d’étudier la propulsion à la vapeur. Cette demande a semble-t-il été accordée puisque je l’ai retrouvé inscrit sur les rôles d’équipage de ce navire de septembre 1851 au 21 février 1852, date à laquelle il fut transféré sur l’USS Marion. On le trouve retour à l’Académie au mois d’octobre 1852, probablement pour passer ses examens car il est mentionné en 1854 comme « passed midshipman » sur le rôle d’équipage de la frégate à vapeur USS Saranac en Méditerranée.

Sloop USS Jamestown. George MW Atkinson, 1847. Mariners’ Museum and Park, numéro d’acquisition 1946.0381.000001/LP 2945.
Frégate USS Saranac au large de San Juan del Sur, au Nicaragua.Sibell, 1858. Mariners’ Museum and Park, numéro d’acquisition 1963.0040.000020/LE 2902.

Le 15 septembre 1855, alors qu’il se trouvait toujours à bord du Saranac, Thorburn fut promu lieutenant. Il est transféré sur le navire de soutien USS Supply vers la fin de l’année 1855 ou au début de l’année 1856. Le registre de l’US Navy ne le mentionne sur ce navire qu’en 1857, mais son nom apparaît sur des documents du 17 octobre 1855, mentionnant le Supply.

USS Supply probablement photographié au port de New York après la guerre de Sécession.
US Naval History and Heritage Command, photo # NR&L(O) 21480.

Au cours de cette brève période, le Supply menait une mission passionnante. A l’été 1855, le commandant du navire, le lieutenant David Dixon Porter fut envoyé au Levant par le secrétaire à la guerre, Jefferson Davis, pour y acquérir des chameaux pour l’armée. Ces chameaux devaient servir pour une expérience visant à déterminer s’ils pouvaient être utiles pour explorer les territoires de l’Ouest américain, arides et difficilement accessibles. Par manque d’eau et de nourriture la plupart des autres animaux ne survivaient pas à ces conditions. La capacité du chameau à transporter de lourdes charges était une solution potentielle à explorer.

David Dixon Porter, vers 1860.

Le Supply arriva à Tunis le 4 août 1855, et quelques jours plus tard Porter avait acquis son premier chameau. Lorsque le Bey de Tunis eu vent de sa mission, il lui envoya deux autres chameaux de son propre cheptel. Porter passa les mois suivants à apprendre tout ce qu’il pouvait sur ces animaux et la manière d’en prendre soin. Au mois de décembre il en avait acquis neuf autres en Egypte, et vingt-et-un de plus à Smyrne, dont quatre « chameaux de lutte » et un « tülü », une chamelle pensant plus de 2000 livres (900kg) et mesurant plus de 2 mètres de haut. L’animal était si gros que Porter a été contraint de couper une partie de son pont principal pour faire passer sa bosse !

Smyrne (actuelle Izmir) en Turquie, vers 1850. Mariners’ Museum and Park, numéro d’accession 1938.0399.000001/LE 1225.

Le 15 février 1856, le Supply quitta Smyrne chargé de trente-trois chameaux, et se dirigea vers la côte du Texas après quelques escales, dont une en Jamaïque, au cours de laquelle 4000 personnes vinrent à bord pour voir le curieux chargement. Le Supply atteignit finalement Indianola au Texas le 14 mai, et y débarqua les chameaux devant une foule de plusieurs centaines de spectateurs. Les chameaux ont ensuite été dirigés vers des corrals à environ 10 kilomètres de San Antonio, où l’on fonda Camp Verde le 8 juillet 1856. Davis a ensuite donné l’ordre à Porter et au Supply de retourner en Méditerranée pour acheter davantage de chameaux. En février 1857, le navire était de retour avec quarante et une bêtes supplémentaires.

Chameau sécurisé en vue d’une tempête. Gravure Gwinn Harris Heap, tirée de l’ouvrage Information Respecting the Purchase of Camels for the Purposes of Military Transportation, 1857.
Vue d’Indianola au Texas depuis la baie, septembre 1860. Helmuth Holtz. Mariners’ Museum and Park, numéro d’acquisition 1936.0783.000001/LP 0934.

A la même époque, le président James Buchanan nomma l’ancien lieutenant de la marine américaine Edward Fitzgerald Beale à la tête d’une commission chargée d’établir une route militaire entre le territoire du Nouveau-Mexique et la Californie. Beale reçut l’ordre de prendre vingt-cinq des chameaux pour déterminer leur utilité comme bêtes de somme. Il était notamment accompagné dans cette aventure par son cousin et par un ami de l’US Navy : le lieutenant Charles E. Thorburn, alors mentionné en « service spécial sous le ministère de la guerre » par l’US Navy Register de 1858.

Les trois hommes arrivèrent à Indianola le 6 juin 1857, et organisèrent leur train de wagons. Ils se dirigèrent ensuite vers San Antonio afin que Beale puisse prendre en charge les chameaux de Camp Verde. L’expédition quitta San Antonio le 25 juin et se dirigea vers l’Ouest en direction du territoire du Nouveau-Mexique. Fort Davis fut atteint le 17 juillet, Fort Bliss dix jours plus tard. Beale a été fort impressionné par l’endurance des chameaux et nota qu’ils pouvaient « voyager continuellement dans un pays ou aucune bête aux pieds-nus ne pourrait tenir une semaine ».

Fort Yuma sur le fleuve Colorado, sur lequel navigue le vapeur General Jesup, un navire à roues à aubes utilisé pour approvisionner le fort. Ce navire fut employé pour l’expédition de Beale, notamment pour faire traverser les chameaux. Mariners’ Museum and Park, numéro d’acquisition 1970.0211.000001/LE 3286.

L’expédition se dirigea ensuite vers le nord en remontant le Rio Grande jusqu’à Albuquerque. Après un bref séjour, la caravane prit la route de Fort Defiance (aujourd’hui près de Window Rock en Arizona) et y parvint le 15 août. Le 27, ils se réapprovisionnèrent à Zuni et poursuivirent leur périple à travers le territoire de l’Arizona. Le Colorado fut franchi le 17 octobre, on y déplora la perte de deux chevaux et dix mulets, mais les chameaux traversèrent facilement le fleuve à bord d’un navire. L’expédition s’acheva à Los Angeles le 9 novembre 1857.

Descente vers Carson Valley de chameaux de Bactriane amenés sur la Sierra Nevada. Planche 47 des vues de Vischer sur la Californie.

A ce moment-là, Beale envoya Thorburn à Washington avec les notes de l’expédition et ses observations astronomiques, afin de dresser une carte de l’expédition. Il le chargea également de la correspondance adressée au secrétaire à la guerre, John B. Floyd, dans laquelle il félicite Thorburn en ces termes : « En terminant ce rapport, je désire dire un mot en conclusion, de l’officier qui le porte. Sa réputation dans son propre service rendrait inutiles mes éloges, mais le département dont vous êtes le chef ignorant ses mérites, je désire vous les faire connaître. Il a fait preuve au cours de ce voyage d’une activité, d’un zèle, d’une intelligence que l’on trouve rarement chez un homme seul, et il a été pour moi non seulement un assistant des plus compétents, mais un agréable compagnon tout au long de l’expédition ».

Le lieutenant Thorburn acheva son service au ministère de la guerre en mai 1858, et reçut quelques jours plus tard une affectation à bord de la goélette de l’US Navy USS Fenimore Cooper, sous le commandement du Lieutenant John Mercer Brooke. Ce dernier avait été chargé d’étudier une route de navigation à la vapeur entre San Francisco et Hong-Kong, et de cartographier les fonds marins du nord de l’océan Pacifique, afin notamment de déterminer s’il existait des hauts fonds ou reconnaître des îles identifiées comme dangereuses pour la navigation sur de nombreuses cartes. Brooke fut également invité à identifier les îles susceptibles de constituer une source de guano, alors utilisé comme engrais.

La goélette quitta San Francisco le 26 septembre 1858, et fit route vers les îles hawaïennes. Brooke y passa plusieurs mois, étudiant également les îles sous le vent, de Nihoa à Lisianski. Le 3 janvier 1859, il envoya à terre le lieutenant Thorburn et Edward M. Kern, l’artiste de l’expédition, pour étudier le pinacle La Pérouse, rocher volcanique proche du banc de sable dit de la frégate française. Les deux hommes y collectèrent des échantillons de guano, des albatros, des œufs d’oiseaux et des graines. Notant que l’îlot constituait un riche gisement de guano, Brooke y renvoya Thorburn le lendemain pour en revendiquer officiellement la possession au nom des Etats-Unis d’Amérique. Thorburn accomplit cette tâche en grimpant au sommet du pinacle de La Pérouse, recouvert de plus de quatre pieds de guano, et en y installant un panneau mentionnant les prétentions américaines sur l’île.

Pinacle La Pérouse à proximité du banc de la frégate française.

Passer autant de temps à Hawaï et dans ses environs, et interagir avec les populations locales accrut la portée diplomatique du voyage. N’ayant pas une grande expérience en la matière, Brooke comptait beaucoup sur Thorburn qui parlait français, espagnol et italien, et avait servi d’interprète en Méditerranée. Ce caractère diplomatique de leur mission atteignit son apogée en février 1859 lorsque Brooke et Thorburn furent reçus en audience par le roi d’Hawaï Kamehameha IV.

Vue de Diamond Head, Honolulu. Lithographie G. H. Burgess, 1857. Mariners’ Museum and Park, numéro d’acquisition 1945.0693.000001/LP 2881.

Le 5 mars, le voyage repris vers l’Ouest. Alors qu’il était à l’ancre à Guam, un cyclone tropical fit chasser le navire sur ses ancres à plusieurs reprises, et ce fut l’action énergique de Thorburn (Brooke était à terre à ce moment-là) qui empêcha le Fenimore Cooper de s’échouer sur un récif voisin. Malheureusement, ce ne serait pas la dernière fois que le navire se trouverait confronté au mauvais temps. L’équipage fit escale plusieurs semaines à Hong Kong et explora de nombreuses îles au sud du Japon avant de jeter l’ancre en baie de Kanagawa le 13 août 1859.

Port de Yokohama en baie de Kanagawa, gravure sur bois par Shinyedo Shinkichi Adzamaya. Mariners’ Museum and Park, numéro d’acquisition 1963.0040.000043/LE 2925.

Quelques jours plus tard, Brooke laissa Thorburn en charge du navire et se rendit à Tokyo pour y rencontrer le consul général américain Townsend Harris. Le 23, un typhon obligea Thorburn à échouer le navire afin de sauver les hommes restés à bord ainsi que tous les instruments et rapports produits au cours de l’expédition. Avec l’aide des Japonais et de quelques Russes (qui respectaient Brooke pour ses tentatives de sauver la vie d’un de leurs officiers attaqué par des samouraïs), ils purent sauver toute la cargaison du navire. Malheureusement un examen de ce dernier montra qu’il était en si mauvais état qu’il fallu se résoudre à le vendre au plus offrant, laissant ses vingt et un membres d’équipages sans moyen de quitter Yokohama. Ils reçurent toutefois des logements temporaires, construits à l’origine pour les marchands étrangers par le Bakufu (ou Shogunat, le gouvernement militaire japonais) jusqu’à ce qu’un navire de la marine américaine n’arrive pour les ramener chez eux. A peine un mois plus tard débutait l’une des périodes les plus intéressantes de l’histoire du Japon : la ruée vers l’or de 1859, dix ans après celle de Californie.

Après l’entrée en vigueur le 4 juillet 1859 du Traité commercial signé par Townsend Harris, survint un problème de change au Japon. A l’époque l’argent était largement surévalué par le gouvernement japonais, qui possédait les mines d’argent les plus productives et en tirait profit. Les marchands étrangers pouvaient échanger des pièces d’argent japonaises (ichibu) contre des pièces d’or (cobangs) dans un rapport de 5 pour 1. Partout ailleurs, le rapport argent/or était de 15 pour 1, ce qui signifiait qu’échangé ultérieurement hors du pays, l’or japonais pouvait générer un profit de 40 à 150%.

Port de Yokohama, gravure sur bois par Sadahide Gountei.
Mariners’ Museum and Park, numéro d’acquisition 1989.0009.000001.

Charles Thorburn se trouvait alors au Japon, sans le sou et endetté. Lorsque l’USS Powhatan arriva à Yokohama le 3 octobre, il ne perdit pas de temps pour approcher le Commodore Josiah Tattnall pour lui faire part d’un plan destiné à tirer profit de la situation. Thorburn suggéra de gagner Shanghai sur le Powhatan et d’y acquérir des dollars en argent mexicain (monnaie légale dans la majeure partie du monde en 1859), puis de retourner à Yokohama où la plus grande part possible de ces dollars en argent serait échangé contre de l’or, dévalué au Japon, avant de naviguer vers Hong Kong où l’or pourrait être vendu à sa valeur habituelle sur le marché mondial.

Il est intéressant de noter que le Commodore Tattnall semble avoir approuvé le plan de Thorburn, car il organisa rapidement le voyage de retour du Powhatan de la manière que lui avait suggéré le jeune officier. Le Powhatan revint de Shanghai le 31 octobre avec environ 500 000 dollars mexicains en argent, et Thorburn se mit immédiatement au travail. Il convainquit tout d’abord les gouverneurs étrangers d’échanger ces dollars mexicains contre 150 000 pièces d’argent japonaises, puis travailla frénétiquement pour échanger cet argent contre des pièces d’or, les cobangs. Lorsque l’approvisionnement en cobangs s’est tari, il utilisa les 60 000 ichibu restants pour acheter des produits japonais, qui pouvaient en fait générer un bénéfice plus important que l’or. C’est peut-être à ce moment-là que Thorburn fit l’acquisition de notre belle horloge. Thorburn affréta ensuite la goléette Colneria L. Behan pour transporter la cargaison vers les Etats-Unis.

Nous ignorons comment les autres officiers du Powhatan s’en sortirent, mais John Brooke déclara que Thorburn lui avait confié avoir réalisé un bénéfice de 9000$ en un mois, ce qui n’est pas si mal pour quelqu’un ayant commencé endetté !

Lorsque l’un des lieutenants du Powhatan démissionna afin de développer ses activités commerciales au Japon, Tattnall nomma Thorburn à son poste. Le 13 février, il quitta le Japon à bord du Powhatan, et commença le voyage historique portant la première mission diplomatique du gouvernement Tokugawa vers les Etats-Unis pour ratifier le Traité d’amitié et de commerce. Ce sera le dernier voyage de Thorburn, qui quitta la marine des Etats-Unis le 24 juin 1860.

L’USS Powhatan, qui porta la première mission diplomatique japonaise vers San Francisco et Panama. Mariners’ Museum and Park, numéro d’acquisition 1963.0040.000006/LE 2888.

Pour aller plus loin : 

CAGLE Malcolm W., Lieutenant David Dixon Porter and his camels, USN Proceedings Magazine, Décembre 1957

BROOKE George M., John M. Brooke’s Pacific Cruise and Japanese Adventure, 1858-1860.

MCMASTER John, The Japanese Gold Rush of 1859, The Journal of Asian Studies, Vol. 19, No. 3, mai 1960.

En couverture : Embarquement d’un chameau. Gravure Gwinn Harris Heap, tirée de l’ouvrage Information Respecting the Purchase of Camels for the Purposes of Military Transportation, 1857.

Laisser un commentaire