Alban Lannéhoa
Nous vous proposons aujourd’hui une visite du HMS Warrior, premier bâtiment cuirassé de la Royal Navy devenu navire musée à Portsmouth. Une véritable plongée dans le quotidien d’un navire de la deuxième moitié du XIXème siècle.
Lancés fin 1860 et début 1861, le HMS Warrior et son sistership HMS Black Prince sont une prompte réponse britannique à la mise en service en France des premières frégates cuirassées de la classe Gloire de Dupuy de Lôme, perçues à juste titre comme une menace majeure pour la Royal Navy.


A la différence des premières frégates cuirassées françaises, qui sont encore de classiques frégates en bois auxquelles on ajoute un lourd blindage, le Warrior et sont sistership sont pourvus d’une membrure métallique sous leur cuirasse constituée de plaques de fer de 114mm d’épaisseur.

D’une longueur de 127 mètres, particulièrement imposant pour l’époque, le Warrior est gréé en trois-mâts et pourvu d’une impressionnante machine à vapeur Penn à deux cylindres, alimentée par 10 chaudières.


Imaginez cette immense salle de chauffe pleine de charbon apporté dans des bacs suspendus à un rail, pour alimenter continuellement les foyers produisant la vapeur. Une véritable fournaise, les manches apportant un peu d’air frais depuis le pont supérieur ne sont qu’un maigre réconfort pour les matelots chauffeurs.



La machine entraîne une hélice bipale. Pour limiter la traînée quand on marche à la voile, cette dernière peut être relevée dans un puit d’hélice grâce à un ingénieux système de débrayage. Le cadre d’hélice tout entier est ensuite relevé.

Pour ce faire, il faut auparavant positionner l’hélice en position horizontale. On se sert à cette fin d’un vireur situé sur l’arbre d’hélice juste après la machine. Puis un frein permet de bloquer l’arbre dans la position souhaitée.

Le HMS Warrior est manœuvré de manière très classique depuis une barre à roue sur le pont de gaillards. Un axiomètre sur l’avant indique le nombre de tours de roue sur un bord ou l’autre.

Une autre roue se trouve directement en dessous, dans le pont de batterie, à l’abri en situation de combat. On peut réorganiser depuis cette seconde roue le système de drosses en filin qui transmettent les mouvements de la roue jusqu’à la barre située sur l’arrière, et au safran.


Le Warrior est armé de 26 canons de 68 livres en batterie. Ces impressionnantes pièces d’artillerie sont placées sur des affûts à échantignolle : les roues de l’arrière sont retirées et l’affût repose sur le pont. Ce dernier souffre un peu, mais le frottement limite le recul.

10 canons Armstrong de 110 livres à chargement par la culasse sont également présents. Ces armements seront la cause de graves accidents et seront peu employés par la Royal Navy avant la fin du XIXème siècle. Le chargement par la culasse sera généralisé bien plus tôt en France.

Au combat, l’état-major du navire peut observer la situation depuis un réduit blindé sur le pont supérieur, sous la passerelle. Une installation similaire existait sur les premiers cuirassés français.


Il ne faut pas moins de plusieurs dizaines d’hommes sur le grand cabestan pour remonter les lourdes chaînes de fonte du navire. Les épontilles qui soutiennent le pont supérieur sont ici amovibles pour permettre le mouvement autour du cabestan.


L’équipage dort et prend ses repas dans le pont de batterie. Les hamacs ou « branles » (d’où l’expression « branle-bas ») suspendus aux baux sont repliés le jour et rangés sur le bastingage sur le pont de gaillard. Imaginez plusieurs centaines de hamacs entassés autour des canons !

Sur l’arrière du bâtiment, les quartiers des officiers offrent un confort sans comparaison. Les postes des officiers sont répartis autour de la salle à manger, à proximité du carré.



Les malades sont regroupés sur l’avant dans un local hôpital, pourvu de véritables lits. Mais gare aux tire-au-flanc qui voudraient y profiter d’un repos gratuit, le médecin est difficile à convaincre veille à ne pas y donner accès sans une bonne raison !

Nous terminons cette visite du bord par divers services du navire : cambuse, magasin habillement, local voilerie, services indispensables à la conduite du bâtiment.



Nous espérons que cette visite vous a plu et vous donnera l’envie de découvrir à votre tour le HMS Warrior à Portsmouth !



Une réponse à “A bord du HMS Warrior”
Bonjour
Je crois que vous oubliez les feux de nav rouge/vert
Accord franco anglais
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