Le désastre de 1898

Gontrán J. Chapital Ortíz

Stagiaire de l’École supérieure de guerre navale à Paris en 1935-36, le capitaine de corvette Gontrán Chapital Ortíz, futur chef d’état-major de la marine mexicaine, étudia l’histoire de la guerre hispano-américaine. Également connu en Espagne comme le « désastre de 1898 », ce conflit modifia durablement les équilibres stratégiques dans les Caraïbes et dans le Pacifique. Les succès américains retentissants à Cuba et aux Philippines firent reconnaître l’US Navy au rang des premières puissances navales, au détriment de l’ancienne puissance coloniale.

Lorsque, en 1894, la guerre éclata entre la Chine et le Japon, le gouvernement espagnol éprouva de vives appréhensions devant la perspective d’une occupation de Formose (Taïwan) par le Japon, vu le peu de distance qui sépare cette île de Luçon, l’une des Philippines. La faiblesse de la garnison de cet archipel (un millier de soldats environs), et le ton agressif de la presse de Tokyo à l’égard de l’Espagne et du traitement défavorable dont les Japonais étaient l’objet dans les îles (c’était le seul peuple qui ne fut pas autorisé à s’y établir) rendaient particulièrement alarmante pour la Péninsule la poussée du Japon vers le Sud. Les instances de l’Espagne, de la France, de la Russie et de l’Allemagne amenèrent, en octobre 1895, le Cabinet de Tokyo à accepter une proposition par laquelle le canal de Formose était déclaré international et restait par conséquence en dehors de la sphère d’action du Japon. Celui-ci s’engagea en outre à ne pas céder à une autre puissance Formose et les Pescadores. Ainsi se trouvèrent ajustés les intérêts de l’Espagne et ceux du Japon.

L’occupation japonaise de Formose vient menacer les Philippines espagnoles.

Ce résultat fut jugé très favorable aux Espagnols. « Nous venons de sauver les Philippines », déclara, le jour où la négociation prit fin, le diplomate qui l’avait conduite au nom de l’Espagne, Leon y Castillo. Commentant l’événement, un député Carliste, Vasquez de Mella, déclara aux Cortes (8 juillet 1896) : « Quand il s’est agi de l’île Formose, la France et la Russie se sont spontanément placées à notre côté et nous ont évité une catastrophe. L’Allemagne a gardé une attitude défiante et froide à l’égard de nos intérêts en ce moment critique. J’ai même appris que, lorsqu’il s’est agi de la question de Melilla et de la paix au Maroc, nous avons également eu des motifs de gratitude à l’endroit de cette noble France qui est toujours de notre côté dans les grandes crises ». Mais le sort des Philippines allait se jouer sur un autre continent.

Depuis les débuts de l’insurrection cubaine en février 1895, on se plaignait à Madrid que les révoltés de l’île trouvassent aux Etats-Unis un appui moral et matériel. Le départ de l’expédition de flibustiers des côtes nord-américaines, le fonctionnement à New-York d’une junte en relations avec les insurgés provoquèrent, de la part du gouvernement royal, une série de réclamations diplomatiques. Cependant, si une partie de la presse de l’Union se montrait agressive, les deux gouvernements correspondaient encore en termes courtois. Le 24 janvier 1898, le ministre espagnol à Washington annonça au ministère d’Etat que les Etats-Unis avaient décidé d’envoyer « en témoignage d’amitié » un bâtiment de guerre dans le port de La Havane. En effet, le gouvernement américain envoya le croiseur-cuirassé de 2ème classe Maine, commandé par le capitaine de vaisseau C. D. Sigsbee ; lequel arriva le 25 janvier 1898. Il mouilla dans la rade à côté d’autres vaisseaux de guerre.

L’USS Maine. Lithographie F. Fetherston, University of North Dakota.

Dans la nuit du 15 février à 9h40, on entendit un coup de tonnerre semblable à un coup de gros canon. Les équipages des autres bâtiments avaient vu sortir du Maine une abondante fumée avec feu, et aussitôt ils entendirent une violente détonation. La proue sauta en l’air, brisée, tuant presque tous les hommes qui étaient là. Le Maine se trouvait mouillé par 36 pieds d’eau, sa poupe restait flottante, la proue, brisée, était coulée dans la vase, et le centre du navire, tout en décombres, surnageait à la surface de la mer. L’explosion tua 254 hommes.

Explosion de l’USS Maine à La Havane.

Les autorités espagnoles se multiplièrent pour venir au secours des victimes, et le lendemain le ministre d’état fit parvenir au gouvernement américain ses condoléances pour cette douloureuse catastrophe. Mais une partie de la presse des Etats-Unis commença à laisser entendre que l’explosion avait été due à une mine sous-marine, encore que l’enquête espagnoles eût conclu à un accident interne, et que les experts américains n’eussent pas encore fait connaître leur avis. Dès qu’il fut possible de s’approcher sans danger des restes du navire, un examen fut effectué par des scaphandriers. L’examen des parois de la coque montrait qu’elles avaient cédé à une poussée venue de l’intérieur. Toutefois, il avait été impossible aux enquêteurs espagnols d’explorer les flancs du Maine à cause de l’extraterritorialité du bâtiment ; ils n’avaient pas davantage été autorisés à entrer en communication avec l’équipage et les membres de la commission américaine.

A ces conclusions, on opposa celles de la commission américaine, laquelle se réunit le 19 février sous le nom de « Conseil d’enquête » à La Havane. Du rapport établi par ce conseil pourrait survenir ou non la guerre. Dans ce rapport il était rendu hommage à l’esprit de discipline qui animait l’équipage du Maine. Toutes les règles de prescription usuelles à bord d’un bâtiment y étaient observées. L’aménagement à bord du croiseur était irréprochable ; aucune substance dangereuse n’était logée dans les compartiments inférieurs ; aucun cas de combustion spontanée n’y avait jamais été constaté. Une heure avant la catastrophe, l’ordre et la tranquillité régnaient partout. Enfin, l’examen interne du bâtiment amenait les enquêteurs à conclure à l’explosion d’une mine sous-marine.

L’épave de l’USS Maine.

Le rapport fut probablement une erreur, malgré la droite intention des auteurs. Il n’y a pas eu le plus petit indice dans les 37 années écoulées pour qu’on puisse supposer l’existence d’une mine dans le cas du Maine. D’un autre côté, l’idée, alors écartée complètement, que les poudres d’un vaisseau soigneusement conservées et veillées puissent faire explosion spontanément, a fini par être démontrée comme possible par une série de désastres survenus dans presque toutes les marines du monde : les explosions des Aquidaban, Iéna, Liberté, Karlsruhe, Mikasa, Matsushima, Kawachi et Tsukuba. Quelques techniciens anglais émirent à l’époque l’hypothèse que l’explosion du Maine était survenue de l’intérieur, et ils donnaient des raisons fondamentales. Mais l’opinion publique aux Etats-Unis n’accepta pas cette façon de penser, elle imputait naturellement la destruction du vaisseau à une félonie des Espagnols.

L’explosion de l’USS Maine et l’affaire qui s’ensuivit eurent un retentissement mondial. Le cinéaste Georges Méliès transposa cet événement à l’écran sur l’une des premières scènes projetées au cinéma.

Le ministre américain, en portant les résultats de l’enquête à la connaissance du Secrétaire d’Etat, se borna à ajouter : « Il semble, d’après ces constatations, qu’une grave responsabilité pèse sur le Gouvernement espagnol. Ce dernier doit se conformer à l’action qui s’impose lorsque les droits souverains d’une nation amie ont subi une atteinte dans le ressort de la juridiction d’une autre puissance. Nous ne souhaitons ni ne voulons la possession de Cuba, mais nous en voulons la Pacification immédiate ». Il proposa en conséquence la signature d’un armistice entre les autorités espagnoles et les insurgés. Le jour où le Président Mac Kinley signa la résolution sommant le gouvernement royal de retirer ses troupes de l’île, le ministre d’Espagne demanda ses passeports et se retira à Toronto. Le lendemain, le ministre américain quittait Madrid. La rupture fut notifiée et, deux jours plus tard, le Cabinet de Madrid complétait cette notification par un mémorandum où l’on pouvait lire : « Avec l’âpre énergie d’un peuple qui a su conquérir dans l’histoire un nom et une renommée enviables, l’Espagne défendra par les armes son droit à rester en Amérique, sans se laisser intimider par la grandeur de l’entreprise, ni par l’énorme supériorité des moyens dont dispose son adversaire ». La guerre fut déclarée le 21 avril 1898.

Quand la guerre éclata, le gouvernement américain décida d’attaquer Cuba, Puerto-Rico et Manille, cette dernière dans les îles Philippines, car il connaissait très bien la faiblesse manifeste des escadres espagnoles se trouvant dans les colonies lointaines. L’escadre du commodore Dewey, nommée division d’Asie qui se trouvait à Hong-Kong, devait attaquer et détruire l’escadre espagnole qui se trouvait à Manille, commandée par l’amiral Montojo, ayant ensuite la mission de bloquer le port jusqu’à le faire capituler. L’escadre de Manille se composait des croiseurs Reina Cristina, navire amiral, Don Juan de Austria, Isla de Cuba, Isla de Luzon, des petits bâtiments armés Marques del Duero et General Lezo, et d’un croiseur en bois, le Castilla, qu’on avait plutôt comme batterie flottante car il n’avait pas de mouvement propre. On fit placer quelques mines dans le canal du sud, à l’entrée de la baie de Manille. L’escadre était composée presqu’entièrement de vaisseaux vieux et mal armés, et seule la Reina Cristina comptait six canons de 6,3 pouces et huit de 6 livres. Les autres avaient quelques canons de 4 à 6 pouces.

Le croiseur Reina Cristina, bâtiment amiral de la division navale espagnole aux Philippines. La Ilustración Española y Americana, 1898.

Du côté américain, l’Asiatic Station comprenait les vaisseaux suivants : Baltimore, Boston, Brutus, Charleston, Concord, Monadnock, Monocacy, Monterrey, Nashan, Nero, Olympia, Petrel, Raleigh, Mc Culloch et Zafiro. L’Olympia, navire amiral du commodore Dewey, de 5800 tonnes, était armé de quatorze canons de 8 pouces, dix de 5 à tir rapide et quatorze de 6 livres. Le Baltimore, de 4413 tonnes, avait quatre canons de 8 pouces, six de 6 à tir rapide et quatre de 6 livres. Le Raleigh de 3212 tonnes, avant un canon de 6 pouces, dix de 5 et huit de 6 livres à tir rapide. Les autres de même étaient bien armés.

L’USS Olympia, bâtiment amiral de l’Asiatic Squadron du commodore Dewey. Tableau de Francis Christian Muller (1860-1938).

Le 24 avril, Dewey reçut l’ordre formel d’attaquer dans ce télégramme : « La guerre est déclarée entre les Etats-Unis et l’Espagne. Appareillez immédiatement pour les îles Philippines. Commencez aussitôt les opérations surtout contre la flotte espagnole. Vous devez prendre ou détruire les vaisseaux. Faites le plus grand effort ». Le 27 avril, l’escadre américaine appareilla de Hong-Kong en direction des îles Philippines, arrivant à l’entrée de la baie de Manille le 30 du même mois. Dewey entra par le canal de Boca Grande à 11h30 du soir, sans être touché par les mines qui protégeaient ce canal. Les canons de Canacas ouvrirent le feu sur le Mc Culloch et le Boston, lesquels répondirent, sans succès des deux côtés. Le 1er mai à 5h15 du matin les défenses de Sangley ouvrirent le feu sur l’escadre américaine en même temps qu’on faisait éclater quelques mines mouillées en face de Cavite, mais les coups de canon furent ou très long ou très court, et de même les mines ne causèrent aucun dégât. Peu après le canon de Cavite ouvrit le feu et Dewey se dirigea droit sur ce point.

De son côté Montojo, voulant éviter que la population de Manille souffrît des coups de canon des adversaires, était rentré à Cavite, car en raison de la faiblesse de son escadre il comprit qu’il ne pouvait accepter une bataille rangée en haute mer, et chercha pour cela la protection des canons de Cavite. L’escadre espagnole mouilla en dehors de l’arsenal de Cavite. Il faut remarquer que les vaisseaux combattirent au mouillage. Montojo ouvrit le feu à grande distance sur l’escadre ennemie ; mais celle-ci faisait des manœuvres continuelles, se dirigeant d’abord sur l’ouest et retournant vers l’est, et ainsi successivement cinq fois de suite à une vitesse moyenne de 8 nœuds, se servant de ses canons de gros calibre à une distance de 2500 à 6000 yards. L’amiral espagnol se décida enfin à larguer ses amarres pour attaquer Dewey et donna le signal pour que les autres fissent la même chose, mais seul le Don Juan de Austria put exécuter la manœuvre.

Le théâtre des opérations : Cavite et Manille se trouvent au sud de la grande baie s’ouvrant à l’Ouest.
Bataille de la Baie de Manille. Tableau d’Ildefonso Sanz Doménech (1863-1937).

La Cristina fut immédiatement dominée par le feu qui touchait à chaque coup, bientôt il y eut des incendies et la moitié de l’équipage fut hors de combat. La Castilla essuya une attaque semblable à celle de la Cristina et fut hors de combat en peu de temps, l’équipage se voyant dans l’obligation de l’abandonner car le feu la dévorait rapidement. L’amiral Montojo conduisit son bâtiment à Manille et continua le combat. Quand le combat touchait à sa fin, Dewey ordonna la retraite de son escadre. Le motif de cette décision fut une nouvelle transmise par son capitaine de pavillon, l’informant que l’Olympia n’avait plus que 15 coups de canon de 5 pouces. Le commodore supposant que le reste de ses vaisseaux devaient se trouver dans la même situation, tandis que l’ennemi avait encore une grande quantité de munitions, ordonna la retraite.

Une fois hors de portée des projectiles espagnols, on apprit que la nouvelle était fausse car on avait voulu dire que l’Olympia avait tiré 15 projectiles par canon de 5 pouces. A 11h16 l’escadre américaine retourna vers Cavite pour en finir avec l’escadre espagnole ; chose facile, car il n’y avait que l’Ulloa qui pouvait soutenir un combat. Mais cette résistance ne dura que quelques minutes, car il combattait seul contre toute l’escadre ennemie. De cette façon, il coula presqu’aussitôt après une défense acharnée et courageuse, il n’amena pas ses couleurs. Le Baltimore s’approcha de Punta Sangley et réduisit au silence la batterie qui se trouvait en ce point, mettant ses canons hors de service.

Bataille de la baie de Manille. Lithograhie Rand McNall, Library of Congress.

L’amiral Dewey donna l’ordre au Petrel, qui était le vaisseau de moindre tirant d’eau, d’entrer en baie de Cavite pour compléter la destruction de l’escadre de Montojo. Mais après quelques coups de feu, le pavillon espagnol fut amené sur tous les édifices de terre et on hissa le pavillon blanc. La bataille était terminée à 12h30, c’est-à-dire cinq heures après avoir commencé. A 2 heures de l’après-midi Dewey envoya un message au Gouverneur de la ville, l’informant que si ses batteries tiraient un coup de canon, il ferait bombarder la place. Le Gouverneur répondit qu’il ne ferait rien, « à moins que les vaisseaux américains ne prissent des dispositions pour le bombardement ». Dewey fit couper le câble qui allait de Manille à Hong-Kong, parce-que le Gouverneur ne lui permit pas d’en faire usage. De cette façon se terminaient les opérations navales à Manille. L’escadre espagnole était entièrement détruite, ayant eu 167 morts et 214 blessés, tandis que l’américaine était sortie indemne avec seulement 9 blessés et pas un mort. Elle était aussi prête pour d’autres opérations. Dewey prit possession de Cavite mais non de Manille, parce qu’il attendait l’arrivée des troupes du général Merrit. Celles-ci arrivèrent le 30 juin, fortes de 2500 hommes convoyés par le croiseur Charleston. Le 16 juillet arriva un deuxième contingent convoyé par le monitor Monadnock, il se composait de 3500 hommes. Le 4 août arriva à Manille le monitor Monterrey. Ces renforts commandés par le général Merrit, permirent à l’amiral Dewey d’informer le gouverneur de Manille que le 9 commenceraient les opérations contre la ville par mer et par terre. Mais le Gouverneur voyant l’inutilité d’opposer une résistance, décida de se rendre à la première démonstration offensive des forces américaines. De cette façon, les Etats-Unis firent leur apparition en Extrême-Orient comme puissance impériale.

L’épave de la Reina Cristina.

Dans l’Atlantique, le Naval War Board nomma chef de l’escadre de l’Atlantique Nord le vice-amiral W. T. Sampson, ayant directement sous ses ordres les cuirassés Indiana et Iowa, le croiseur-cuirassé New-York, les monitors Puritan, Amphitrite, Terror et Miantomoh, les croiseurs Detroit, Cincinati, Marblehead, Montgomery et Doplhin, six canonnières, un yacht armé et six torpilleurs. Sa mission était de faire le blocus de Cuba et de surveiller les Antilles. Le commodore W. S. Schley fut nommé au commandement de l’escadre volante. Il avait sous ses ordres les cuirassés Massachussetts et Texas, le croiseur-cuirassé Brooklyn, les croiseurs Minneapolis, Columbia et New Orleans. Sa mission, purement défensive, était de protéger les côtes américaines. Sa base, Hampton Roads, se trouvait loin du théâtre des opérations.

Bien qu’à partir de 1895, le risque d’un conflit armé avec les Etats-Unis ait été croissant, vu la prolongation de l’insurrection à Cuba, l’Espagne ne fit qu’un moindre effort pour achever la construction commencée de quelques navires, envoyant le cuirassé Pelayo en France en 1897 pour refonte. Aussi, en avril 1898, il n’était pas encore prêt. De sept croiseurs-cuirassés en construction, quatre n’étaient pas encore achevés. Donc, en laissant de côté les vieux bâtiments sans valeur militaire, la marine espagnole n’avait au début de 1898 pour les opérations immédiates que quatre croiseurs-cuirassés disponibles, l’Infanta María Teresa, l’Almirante Oquendo, le Vizcaya et le Cristóbal Colón ; trois contre-torpilleurs modernes acquis en Angleterre, le Terror, le Furor et le Pluton. Le commandement de l’escadre était assumé directement par l’amiral D. Pascual Cervera.  L’escadre était complétée par la division de contre-torpilleurs sous le commandement du capitaine de vaisseau Fernando Villamil, et les torpilleurs Germania, Normandia et Geralda acquis par le Gouvernement espagnol peu avant la guerre.

Le croiseur-cuirassé Cristóbal Colón.

Les ordres de l’amiral Cervera n’étaient pas bien précis, puisque le 24 avril on lui ordonna ceci : « Partir pour les Antilles avec toutes les forces. Obtenir en cet endroit des renseignements avant d’aller à Puerto-Rico ou Cuba, suivant les informations reçues. La route, l’arrivée en un endroit donné, les cas et circonstances où votre Excellence doit provoquer ou refuser le combat restent à sa plus entière liberté d’action. Les torpilleurs doivent retourner aux Canaries. Le pavillon américain est ennemi ». Une fois terminé le charbonnage au Cap Vert, l’amiral Cervera prit la mer à minuit le 28 avril avec les quatre croiseurs-cuirassés et les trois contre-torpilleurs. Aux trois torpilleurs, on ordonna de retourner en Espagne vu leur mauvais état. L’amiral Cervera décida d’aller à la Martinique, et de là à Curaçao, car il ne pouvait aller directement de la Martinique à Cuba, à 950 milles, avec le charbon qu’il avait.

L’Infanta Maria Teresa à São Vicente avant de gagner les Antilles.

Le 15 mai, l’amiral espagnol se dirigea vers Santiago de Cuba où il arriva le 19 à court de charbon et de munitions, mais sans être vu des Américains. Pendant dix jours, les forces navales américaines n’arrivèrent pas à savoir avec certitude où se trouvait Cervera. Ce dernier, après une étude des défenses du port, se rendit compte qu’elles étaient peu nombreuses et anciennes, et il pensa abandonner le port le plus tôt possible. Mais les vaisseaux ont des chaudières et des machines qu’il faut soigner, et celles de ses vaisseaux avaient travaillé tellement et sans arrêt qu’il décida d’éteindre leurs feux pour changer l’eau des chaudières, réajuster les machines et remplir les soutes. En même temps, on augmentait les défenses du port. Si les défenses artificielles étaient peu nombreuses, Santiago était défendu par la nature. La ville se trouve édifiée sur des collines et au fond d’une baie très fermée et sûre. Elle est située à 4 milles de l’entrée du port, laquelle est très étroite et se trouve limitée à l’Est par les hauteurs du Morro, à quelques 65 mètres de hauteur, où se trouve le fort du Morro, et à l’Ouest par les hauteurs de la Socapa, sans aucune fortification. Le canal d’entrée, comme il est étroit, se prête au placement de lignes de mines, et même si on ne les place pas, pour nombreuse que soit l’escadre qui essaie de forcer le port, comme il ne peut passer qu’un vaisseau à la fois, il est facile de le couler avec une artillerie bien placée.

Il est évident qu’avec la même facilité qu’on peut empêcher l’entrée d’une escadre, on peut empêcher la sortie d’une autre, et par là-même, l’amiral Sampson voulant profiter de cet avantage donna l’ordre à Schley de faire le blocus de Santiago pour empêcher l’escadre espagnole de sortir et de la fixer en libérant la flotte américaine pour l’employer en d’autres actions de guerre. Il y avait 19 vaisseaux qui soutenaient le blocus rigoureux et bombardaient le fort du Morro. Ce dernier rendait le tir avec ses canons de 16cm. A la tombée de la nuit, on plaçait deux cuirassés à l’entrée du port, à quelques mille mètres environ ; l’un des cuirassés braquait ses projecteurs sur tout le canal d’entrée où l’on ne pouvait faire le moindre mouvement sans être aperçu, tandis que l’autre, à côté de lui dans l’obscurité, avait toute son artillerie braquée sur cette infaillible ligne de tir, où devait passer et être pris en enfilade celui qui aurait l’intention de sortir. Ce service était relevé chaque deux heures, grâce au grand nombre de vaisseaux dont on disposait.

Blocus de l’entrée vers Santiago par l’escadre américaine.

Le 21 juin, le général Blanco demanda l’autorité sur l’escadre de Cervera, car il voulait à tout prix, ainsi que le Gouvernement de Madrid, la sortie de l’escadre, en premier pour la diriger sur La Havane, en deuxième pour envoyer du renfort et des vaisseaux aux Philippines.

L’amiral Cervera expédia le 25 juin au général Blanco un télégramme émouvant : « Moi, un homme sans ambition ni folles passions, je dis, de la façon la plus catégorique, que je ne commanderai jamais l’horrible et inutile hécatombe qui peut résulter si l’on essaie de forcer la passe. Je me rendrais responsable devant Dieu et l’Histoire des vies ainsi sacrifiées sur l’autel d’une vaine gloire et non en légitime défense de notre Patrie ». Une fois reçue du Gouvernement l’autorité sur Cervera, le général Blanco expédia à ce chef un télégramme qui disait entre autres choses : « En accord avec l’opinion du Gouvernement, vous devrez réembarquer les équipages ; devant profiter le plus tôt possible d’une occasion pour sortir du port avec tous vos vaisseaux ». Ce jour-là, comme d’habitude, l’escadre américaine bombarda une fois de plus le Morro et la Socapa.

Le 2 juillet au petit matin, l’amiral convoqua les commandants, et après leur avoir montré le télégramme dans lequel on lui commandait d’appareiller immédiatement, leur fit part que l’on ne pouvait plus éviter la sortie et qu’on devait obéir aux ordres reçus. Il fit pousser les feux de tous les vaisseaux. En supposant que le Brooklyn se trouve dans l’endroit habituel, la Maria Teresa commencerait le combat en essayant de l’attaquer. Et tandis que le reste de l’escadre ennemie se jetterait sur l’amiral, les autres vaisseaux avec à leur tête le Vizcaya, sans s’arrêter à secourir la Teresa, fileraient entre celle-ci et la côte en ligne de file, essayant de fuir. Les contre-torpilleurs seraient mis à l’abri des gros vaisseaux et aussitôt qu’ils pourraient, forçant sur les machines, essaieraient de s’éloigner sans prendre part au combat, sauf s’ils y étaient obligés. S’ils trouvaient désemparé un vaisseau ennemi, ils pourraient profiter de l’occasion pour attaquer. Pendant la nuit on retira les mines mouillées dans le goulet. On put voir cette nuit sortant de la flotte espagnole six colonnes de fumée qui s’élevaient vers le ciel dans la tranquille atmosphère depuis l’intérieur de la baie, près du goulet. Le personnel de signaux de l’Iowa avait préparé le signal 250 : « Les vaisseaux ennemis sortent du port ».

Emplacement des bâtiments américains devant Santiago le 3 juillet 1898.

Les vaisseaux espagnols se préparèrent pour le combat le mieux qu’ils purent. Ils avaient toutes les chaudières allumées, l’artillerie chargée, les torpilles prêtes à être lancées, les ancres prêtes à déraper. Les hommes avaient reçu une ration supplémentaire. L’ennemi présentait ce matin-là 14 canons de 30 et 32 centimètres, 38 de 20 et 191 pièces de moindre calibre, toutes à tir rapide, et en outre plusieurs mitrailleuses et torpilles. Du côté espagnol on ne comptait que 6 canons de 28cm protégés et 114 non protégés ou avec un faible mantelet en acier.

L’amiral Cervera fit hisser le signal d’appareillage, et quand tous les vaisseaux répondirent que leurs ancres étaient relevées et saisies, on donna le signal d’appareiller qui était « Vive l’Espagne ». Il était 9h35 quand l’escadre se mit en route : d’abord la Maria Teresa, le Vizcaya suivait derrière et successivement le Colon, l’Oquendo, et en queue le Pluton et le Furor. Au moment où là Maria Teresa, marchant rapidement, se trouvait à la hauteur de la batterie de l’Estrella, elle fut aperçue par l’Iowa, lequel hissa le signa n°250 et tira un coup de canon pour donner l’alarme. L’heure du désastre avait sonné.

La sortie de l’escadre espagnole. Déjà la Maria Teresa oblique, se sacrifiant pour offrir une porte de sortie aux autres navires. Tableau d’Ildefonso Sanz Doménech (1863-1937).

La Maria Teresa fit une sortie imposante, car bien qu’en arrivant à hauteur de la batterie de Santa Catalina l’ennemi fit feu sur elle. L’amiral Cervera continua très calme et attentif à la manœuvre de sortie jusqu’à-ce que le pilote Miguel Lopez lui ait dit qu’ils avaient passé le banc du diamant ; à ce moment le vaisseau modéra son allure pour débarquer ledit pilote, et au même moment l’amiral, sans crier ni s’émouvoir, commanda : « A tribord », et peu après « Feu ». Continuant sa manœuvre, la Teresa se dirigea droit sur le Brooklyn, lequel abattant sur tribord, déchargea ses deux pièces de la tourelle de poupe qu’il présentait, s’éloignant ensuite vers le sud. Mais déjà la Teresa était sérieusement avariée, les incendies avaient commencé et plusieurs hommes étaient tombés morts ou blessés. En abattant sur tribord, le Brooklyn se jeta sur leTexas, lequel fut obligé de stopper et de faire machine arrière.

L’audacieuse sortie de la Maria Teresa faisant route directement sur le Brooklyn. Les positions et routes des navires sont légèrement décalées par rapport à la réalité, de manière à représenter sur la même scène la sortie du reste de l’escadre espagnole. Tableau d’Alfonzo Sanz, Army and Navy Club of Washington.

Comme la Teresa était depuis dix minutes en dehors du port, tout ce temps elle avait essuyé les coups de toute l’artillerie ennemie, ce qu’on avait prévu. Un des premiers coups de canon de 12 pouces de l’Iowa tiré à 2200 yards avaria une chaudière et réduisit l’allure de la Teresa. Un autre projectile détruisit l’une des parties principales de la tuyauterie de contre-incendie. La vapeur s’échappa tellement que la tourelle de poupe ne fut plus en état de fonctionner et que l’on ne put non plus éteindre les incendies de poupe ; au milieu de la fumée, des jets de vapeur, des incendies et de la pluie de projectiles, se produisit une explosion plus violente que les précédentes. A la suite de cet accident, le commandant Concas ainsi que deux officiers d’état-major qui étaient restés debout furent blessés. Comme l’on ne pouvait pas appeler le commandant en second, l’amiral prit le commandement. Le peu de puissance offensive du vaisseau était fini, car le canon de poupe était inutilisable, le centre et la poupe du vaisseau brûlaient avec fracas et les officiers et l’équipage tombaient en grande quantité. Devant le danger d’une explosion dans les soutes de poupe, l’amiral Cervera prit la détermination d’échouer sur la plage cette coque détruite à quelques six milles et demie à l’ouest de Santiago, ce qu’il fit au moment où les machines cessaient de fonctionner.

Le Vizcaya, deuxième vaisseau de la ligne, sortit à une grande distance de la Teresa, et par suite de la confusion de l’escadre ennemie, au début il ne fut pas attaqué durement, mais les défauts de ses canons ne lui permirent pas de faire un tir efficace. Dans l’une de ses pièces de 5,5 pouces, on dut essayer jusqu’à sept cartouches pour en trouver une utilisable, une autre rata huit fois de suite, les fermetures de culasse ne fonctionnaient pas, ni les leviers de mise à feu.

Le Vizcaya fut attaqué par le Brooklyn, l’Oregon, le Texas et l’Iowa. Il eut de graves incendies et l’intensité de ses coups fut diminuant au fur et à mesure qu’étaient mis hors de combat les armements de ses pièces. Vers 10h50, le commandant essaya d’aborder le Brooklyn, mais celui-ci, plus rapide, évita la rencontre, continuant ses tirs meurtriers sur son adversaire. Un obus de gros calibre fit explosion à l’avant, détruisant la tuyauterie de vapeur et provoquant l’explosion de quelques chaudières ainsi qu’un grand incendie. Le commandant Eulate, grièvement blessé, donna l’ordre à un officier de prendre le commandement du vaisseau, lui disant de ne se rendre pour aucun motif et qu’à la dernière extrémité il devait l’incendier ou l’échouer sur la plage. Après quelque temps, il était devenu impossible de faire quoi que ce soit, et l’officier manœuvra de façon à échouer le vaisseau à 15 milles à l’ouest de Santiago. Au moment de faire le sauvetage des survivants, on entendit trois explosions d’une rare violence dans le vaisseau qui n’était qu’un énorme foyer, et peu après le Vizcaya sautait en mille morceaux. Ainsi finit ce vaisseau après une lutte glorieuse.

L’explosion du Vizcaya. Library of Congress.

Le Cristobal Colon, troisième de la ligne, sortit aussitôt après le Vizcaya. Il fit route vers l’ouest, laissant derrière le Vizcaya. Il fut attaqué en même temps que poursuivi par le Brooklyn et l’Oregon, ainsi que par le Texas et le New York. Le Colon allait à quelques 6 milles devant les autres vaisseaux, avec l’espoir de se sauver, car il restait en dehors de la portée de ses poursuivants. Mais à 1h15 le chef des machines informa le commandant que le bon charbon était fini et qu’avec celui qui restait, de qualité inférieure, on était forcé de réduire la vitesse car les chauffeurs ne pourraient pas maintenir la pression. En effet, on nota à partir de ce moment que le vaisseau perdait du terrain. La situation ne pouvait pas être plus critique. Il était rattrapé par l’Oregon qui pouvait le couler sans danger, le Brooklyn, croiseur bien protégé, d’une plus grande vitesse et mieux armée, et en plus le New York et le Texas s’approchaient. L’idée des vaisseaux américains était de s’approprier le beau croiseur, et pour ce faire l’Oregon essaya de s’interposer entre ce vaisseau et la terre. Le vaisseau étant perdu sans remède, le commodore Pasedes, deuxième chef de l’escadre, et le commandant décidèrent avant que l’ennemi eut pu l’empêcher, de jeter le vaisseau à toute vitesse sur la côte et ils ouvrirent les prises d’eau. Ils furent obligés d’amener le pavillon, dernier effort de cette sanglante et inutile épopée. Le vaisseau échoua à 60 milles de l’embouchure du fleuve Tarquino.

Le Cristobal Colon est à son tour jeté à la côte après avoir pensé pouvoir s’échapper.

L’Oquendo, dernier vaisseau de la ligne, sortit quand la Maria Teresa était touchée à mort. Il reçut le feu de l’Iowa, et une fois passée la pointe Diamant il ouvrir le feu sur ce vaisseau qui mit le cap sur lui. Mais en sortant il était déjà perdu car il reçut le feu concentré de plusieurs vaisseaux, et les effets sur lui furent désastreux. Malgré ce tourbillon de projectiles, il continua sa route, passant près de la Teresa, au moment où celle-ci se dirigeait vers la côte. Tous les canons américains concentrèrent leur feu, une fois de plus, sur ce bâtiment qui ne pouvait plus riposter qu’avec une seule pièce car un obus de 20cm avait éclaté sous le canon de la tourelle de proue, le mettant hors de service. Un autre obus fit explosion dans la chambre des torpilles arrière, le vaisseau brulait furieusement. Le commandant étant mort dans la bataille, le vaisseau alla échouer à 10h30 sur une pointe située à un mille de l’amiral, laissant un sillage d’honneur et de gloire comme exemple pour les générations à venir.

Les gros vaisseaux étaient déjà sortis quand les contre-torpilleurs prirent le canal jusqu’à la pointe Morrille. Le premier qui sortit fut le Furor, et aussitôt aperçu, tous les vaisseaux ennemis concentrèrent leur feu sur lui et dès les premiers instants il fut touché par des projectiles de tous calibres. Faisant eau de tous côtés, il continua toujours près de terre pour passer la pointe Cabrera, mais il reçut un projectile de 23 centimètres qui fit éclater l’ensemble des chaudières, sauter tout le pont et brisa le gouvernail. Le bâtiment pencha à tribord, passant à un mètre de la poupe du Pluton. L’équipage encore en vie se jeta à l’eau et quelques instants après se produisit une violente explosion où le navire disparut enveloppé d’un nuage de fumée et de vapeur, puis il s’éleva presque vertical et coula par la poupe. Le chef de l’escadrille, capitaine de vaisseau Villamil, fut atteint par un obus et tué sur le coup.

Le contre-torpilleur Furor est pris en chasse par les cuirassés américains.

Le dernier qui sortit fut le Pluton, servant de cible à un tir très violent de tous les vaisseaux, tout particulièrement du yacht Gloucester, armé de plusieurs canons à tir rapide. En sortant il se dirigea vers l’Est, mais le Gloucester l’empêcha de continuer plus avant, et alors il vint sur tribord pour s’approcher du gros de l’escadre, faisant feu sur le yacht qu’il dépassa. Il fut attaqué par l’Oregon, l’Indiana, le Texas et l’Iowa. L’équipage résista courageusement mais, sous la grêle de projectiles son feu fut peu efficace. A 10h45 il fut touché par un projectile de gros calibre de l’Indiana. Une chaudière fit explosion et la poupe prit feu. Le navire qui conservait son gouvernail se dirigea vers la plage, donnant de la proue contre un rocher par deux fois, et commença à couler. Il hissa le drapeau blanc et les survivants se jetèrent à l’eau. Quelques-uns furent sauvés par des canots américains avant l’explosion qui se produisit sur le Pluton, qui le fit couler jusqu’à laisser le pont au niveau de l’eau.

Ainsi termina ce combat naval qui fut si néfaste pour l’Espagne. L’escadre américaine eut un mort et dix blessés, l’escadre espagnole 323 morts et 151 blessés. Parmi les prisonniers de guerre, l’amiral Cervera figurait en première ligne. Il se trouva d’abord sur le Gloucester, puis fut transporté sur l’Iowa. La perte de l’escadre espagnole fut totale, car presque tous les vaisseaux furent incendiés, s’échouèrent et coulèrent. En moins de deux heures ils avaient disparu, exception faite du Colon qui était resté échoué. Mais quand Sampson voulut le remorquer, il chavira. L’escadre américaine par contre sortit indemne du combat, et quelques heures après elle reprenait ses postes de blocus le long de la côte cubaine. Le 3 juillet, les hostilités furent suspendues, pour faire des pourparlers en vue de la reddition de Santiago. Le 16 juillet 1898, la garnison de Santiago de Cuba capitula, et par cela il fut démontré comment la marine peut exercer une influence dans les destinées d’une nation.

L’épave du Vizcaya.

Après la capitulation de Santiago, il y eut d’autres opérations maritimes peu importantes, car le 18 du même mois les canonnières Wilmington et Helena, avec cinq vapeurs armés détruisirent trois transports et trois canonnières espagnols à Manzanillo. Le 19 le vapeur armé Santo Domingo fut poursuivi par le yacht armé Eagle dans les parages de l’île de Pinos, jeté sur la côte et incendié. Le 21, la canonnière Annapolis, avec trois vapeurs armés, coula une canonnière espagnole dans la baie de Nipe, et le 12 août une division américaine bombarda les défenses de Manzanillo. Le total des navires pris par l’escadre américaine aux espagnols fut de 56.

Le 26 juillet, au moment où les Américains venaient d’occuper Puerto-Rico, M. Cambon, représentant à Washington de l’Espagne, remit à Mac Kinley un message du Cabinet de Madrid sollicitant l’armistice préparatoire des pourparlers de paix. L’Espagne exposait que, plaçant les liens du sang et sa sollicitude pour les Antilles, au-dessus des intérêts de la métropole, elle était prête à négocier la paix. Le 30 juillet le Cabinet de Washington fit connaître ses conditions, et le 12 août 1898 le protocole fut signé.

Scène de la guerre hispano-américaine reconstituée en studio en 1898, dans un style proche de celui des films de George Méliès. Ce court-métrage a probablement été réalisé par les studios Edison, auxquels on doit un autre film sur la guerre russo-japonaise de 1904, utilisant ce même décor.

En couverture : La bataille la baie de Manille, Library of Congress.

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